Un jardin de pluie est une dépression peu profonde et plantée qui recueille l’eau d’un toit, d’une allée ou d’une pelouse et la laisse s’infiltrer dans le sol au lieu de filer vers le réseau. Il limite les inondations et l’érosion, filtre les polluants et accueille les pollinisateurs. Sa taille est la première décision.
Combien d’eau ?
Le ruissellement d’une pluie vaut :
ruissellement = surface drainée × hauteur de pluie × coefficient de ruissellement
Le coefficient est la part de la pluie qui ruisselle : environ 0,9 pour une toiture ou un enrobé, 0,3 pour une pelouse. On dimensionne souvent pour une pluie de 20 à 30 mm, qui couvre la plupart des épisodes de l’année ; votre commune ou le PLU peut imposer une valeur.
Un toit de 100 m² sous une pluie de 25 mm rejette 100 × 0,025 × 0,9 = 2,25 m³, soit 2 250 litres.
Quelle surface ?
Le jardin retient l’eau sur une profondeur de 10 à 20 cm :
surface = volume d’eau ÷ profondeur de rétention
Sur 15 cm : 2,25 ÷ 0,15 = 15 m², soit 15 % de la toiture. Les guides recommandent souvent 10 à 30 % de la surface drainée selon le sol et la profondeur.
Vérifier l’infiltration
Un jardin de pluie doit se vider en 24 à 48 heures, pour que les plantes ne pourrissent pas et que les moustiques n’aient pas le temps de s’y reproduire.
temps de vidange = profondeur ÷ vitesse d’infiltration
Un sol sableux absorbe 25 mm par heure ou plus, un sol limoneux environ 13 mm, un sol argileux parfois 2,5 mm seulement. Sur 15 cm en sol limoneux : 12 heures. En sol très argileux, faites un jardin moins profond et plus grand, ou remplacez les 30 à 40 premiers centimètres par un mélange de sable, de terre et de compost.
Pour tester, creusez un trou de 30 cm, remplissez-le d’eau et mesurez la baisse en une heure.
Emplacement et plantation
- Placez-le à au moins 3 m des fondations, en contrebas, loin de l’assainissement individuel et d’un puits.
- Évitez les zones où l’eau stagne déjà plusieurs jours.
- Amenez-y l’eau du toit par une descente prolongée, une noue ou un tuyau enterré.
- Plantez des vivaces, graminées et arbustes locaux qui supportent l’eau comme la sécheresse : iris des marais, salicaire, carex, eupatoire, cornouiller.
- Paillez avec des copeaux de bois.
En France, la gestion des eaux pluviales à la parcelle est encouragée, et de nombreux PLU l’imposent pour les constructions neuves. Renseignez-vous auprès de votre commune : certaines aident financièrement à la désimperméabilisation.