Ce que vaut vraiment une augmentation
« 3 % d’augmentation » : la formule sonne bien, mais combien de plus arrivera sur le compte chaque mois ? Et cette hausse compense-t-elle la hausse des prix ? Ce calculateur traduit une augmentation, en pourcentage ou en euros, en gain brut, en gain net après cotisations et impôt, puis en évolution réelle du pouvoir d’achat.
Les formules
- Nouveau brut = brut actuel × (1 + augmentation %)
- Augmentation en % = gain brut ÷ brut actuel
- Gain net ≈ gain brut × (1 − taux de cotisations) × (1 − taux de prélèvement à la source)
- Hausse réelle = (1 + augmentation) ÷ (1 + inflation) − 1
Exemple : 3 % sur 2 800 € brut
Vous êtes non-cadre, avec un taux de prélèvement à la source de 7,5 %, payé sur 12 mois.
- Gain brut : 2 800 × 3 % = 84 € par mois.
- Nouveau brut : 2 884 €.
- Gain net avant impôt : 84 × 0,78 ≈ 65,52 €.
- Gain net après impôt : 65,52 × 0,925 ≈ 60,61 € par mois, soit environ 727 € sur l’année.
- Avec une inflation de 1,5 %, la hausse réelle est de 1,03 ÷ 1,015 − 1 ≈ 1,48 % : votre pouvoir d’achat progresse.
Gain selon le pourcentage d’augmentation
| Augmentation | Nouveau brut | Gain net mensuel après impôt | Hausse réelle (inflation 1,5 %) |
|---|---|---|---|
| 1 % | 2 828,00 € | 20,20 € | −0,49 % |
| 2 % | 2 856,00 € | 40,40 € | 0,49 % |
| 3 % | 2 884,00 € | 60,61 € | 1,48 % |
| 5 % | 2 940,00 € | 101,01 € | 3,45 % |
| 8 % | 3 024,00 € | 161,62 € | 6,40 % |
| 10 % | 3 080,00 € | 202,02 € | 8,37 % |
En dessous de l’inflation, une augmentation est en réalité une perte de pouvoir d’achat.
Augmentation générale ou individuelle
- L’augmentation générale s’applique à tous les salariés, souvent après les négociations annuelles obligatoires (NAO).
- L’augmentation individuelle récompense la performance ou une évolution de poste.
- Une revalorisation du SMIC ou des minima de branche peut aussi relever votre salaire automatiquement.
Les budgets d’augmentation en France tournent autour de 2 à 3,5 % ces dernières années ; un changement de poste ou d’employeur se négocie souvent entre 5 et 15 %.
Le taux de prélèvement peut bouger
Une augmentation peut faire monter votre taux de prélèvement à la source, calculé sur vos revenus des années précédentes. Il n’y a cependant aucun effet de seuil : l’impôt est progressif par tranches et une hausse de salaire ne peut jamais réduire votre revenu après impôt. Certaines aides sous condition de ressources (prime d’activité, APL, bourses) peuvent en revanche baisser.
Préparer la demande
Arrivez avec des faits : vos résultats, l’élargissement de vos missions, les salaires du marché pour votre poste et votre région. Exprimez la demande en brut annuel, comme le fera votre employeur, et vérifiez ici ce qu’elle donne en net. Si l’enveloppe salariale est bloquée, d’autres leviers existent : prime, télétravail, jours de congé, formation, prise en charge des transports ou de la mutuelle.