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Correction de Bonferroni : ajuster α quand on multiplie les tests

Obtenez le seuil par test avec les corrections de Bonferroni et de Šidák, le risque d'erreur global sans correction et la valeur p ajustée d'un résultat.

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Résultats

Seuil de Bonferroni par test α ÷ m

0,005

Valeur p ajustée de Bonferroni min(1, p × m)

0,04

Toujours significatif après la correction de Bonferroni
Seuil de Šidák par test 1 − (1 − α)^(1/m)
0,005116
Risque d'erreur global sans correction
40,1 %
Faux positifs attendus si toutes les hypothèses nulles sont vraies
0,50
Valeur p ajustée de Šidák 1 − (1 − p)^m
0,03929

Pourquoi corriger les tests multiples

Chaque test au seuil de 5 % a 5 % de chances de donner un faux positif quand il n’y a aucun effet réel. Multipliez les tests et les faux positifs deviennent presque certains : avec 10 tests indépendants, la probabilité d’au moins un faux positif, le risque d’erreur global (FWER), vaut 1 − 0,95¹⁰ ≈ 40 %. C’est ainsi que des études qui testent de nombreux critères, sous-groupes ou gènes produisent de fausses « découvertes ».

Les corrections

  • Bonferroni : testez chaque hypothèse au seuil α ÷ m, m étant le nombre de tests. De façon équivalente, multipliez chaque valeur p par m (plafonnée à 1) et comparez-la à α.
  • Šidák : testez chaque hypothèse au seuil 1 − (1 − α)^(1/m). Exacte pour des tests indépendants, elle est très légèrement moins stricte que Bonferroni.

Les deux maintiennent le risque d’erreur global au plus à α.

Exemple

Vous réalisez 10 tests au seuil α = 0,05, et l’un d’eux donne p = 0,004 :

  • seuil de Bonferroni : 0,05 ÷ 10 = 0,005 ; seuil de Šidák : 0,00512 ;
  • sans correction, le risque global est de 40,1 %, et l’on attendrait 0,5 faux positif si aucun effet n’était réel ;
  • la valeur p ajustée vaut 0,004 × 10 = 0,04, sous 0,05 : le résultat reste significatif après correction.

Une valeur p de 0,02, en revanche, serait significative isolément, mais plus après correction (p ajustée = 0,2).

La méthode de Holm, plus puissante

La procédure séquentielle de Holm contrôle aussi le risque global, mais rejette plus souvent :

  1. Triez les valeurs p de la plus petite à la plus grande.
  2. Comparez la plus petite à α ÷ m, la suivante à α ÷ (m − 1), et ainsi de suite.
  3. Arrêtez-vous à la première qui dépasse son seuil : elle et toutes les suivantes sont non significatives.

Hormis la simplicité, rien ne justifie de préférer Bonferroni à Holm.

Quand corriger, et quand s’en dispenser

  • Corrigez quand un seul résultat significatif parmi plusieurs tests suffirait à conclure, du type « le traitement améliore au moins un critère ».
  • Le critère principal, fixé à l’avance dans le protocole, est souvent testé sans correction ; les critères secondaires sont corrigés ou présentés comme exploratoires.
  • Avec des centaines ou des milliers de tests, comme en génomique, contrôler le taux de fausses découvertes (Benjamini-Hochberg) est en général plus utile que le seuil très sévère de Bonferroni.

La correction a un prix : la perte de puissance. Plus on multiplie les tests, plus un effet doit être grand pour être détecté.

Questions fréquentes

Comment fonctionne la correction de Bonferroni ?

On divise α par le nombre de tests m, ou l'on multiplie chaque valeur p par m avant de la comparer à α.

Qu'est-ce que le risque d'erreur global ?

La probabilité d'au moins un faux positif parmi tous les tests : 1 − (1 − α)^m pour des tests indépendants.

La méthode de Holm est-elle meilleure ?

Oui : elle contrôle le même risque avec plus de puissance, si bien qu'il y a peu de raisons d'utiliser Bonferroni seul.

Quand préférer le taux de fausses découvertes ?

Avec de très nombreux tests (des centaines ou des milliers), quand quelques faux positifs sont acceptables : méthode de Benjamini-Hochberg.

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