Plus d’oxygène, moins d’azote
L’air contient environ 21 % d’oxygène et 79 % d’azote. Sous l’eau, l’azote respiré se dissout dans les tissus, et c’est cette charge qui limite le temps passé au fond sans palier de décompression. Le nitrox remplace une partie de l’azote par de l’oxygène, le plus souvent à 32 % (nitrox 32) ou 36 % (nitrox 36). La contrepartie : l’oxygène devient toxique à forte pression, si bien que chaque mélange a une profondeur limite.
La pression partielle
Chaque gaz d’un mélange contribue à une part de la pression totale. En profondeur :
PpO₂ = FO₂ × pression absolue
En mer, la pression augmente d’environ 1 bar tous les 10 mètres (10,3 m en eau douce), en plus du bar de la surface. La limite de travail habituelle est une PpO₂ de 1,4 bar ; la réglementation française (Code du sport) autorise jusqu’à 1,6 bar, valeur que beaucoup de moniteurs réservent aux paliers ou aux imprévus.
Les formules
- Profondeur maximale d’utilisation : PMU = (PpO₂ max ÷ FO₂ − 1) × 10 m
- Profondeur équivalente air = (profondeur + 10) × (1 − FO₂) ÷ 0,79 − 10
- Meilleur mélange pour une profondeur : FO₂ = PpO₂ max ÷ (profondeur ÷ 10 + 1)
Exemple chiffré
Un plongeur prévoit une plongée à 30 m en mer au nitrox 32, avec une PpO₂ max de 1,4 bar :
- Pression absolue à 30 m : 30 ÷ 10 + 1 = 4 bar.
- PpO₂ à 30 m : 0,32 × 4 = 1,28 bar, sous la limite.
- PMU : (1,4 ÷ 0,32 − 1) × 10 = 33,8 m ; à 1,6 bar, elle serait de 40 m.
- Profondeur équivalente air : 40 × 0,68 ÷ 0,79 − 10 = 24,4 m : pour l’azote, la plongée compte comme une plongée à l’air à 24 m.
- Meilleur mélange pour 30 m à 1,4 bar : 35 % d’oxygène.
Pourquoi la PMU est une limite absolue
Une forte pression d’oxygène peut déclencher une hyperoxie neurologique (effet Paul Bert). Le premier signe peut être une crise convulsive, sans prévenir, et une convulsion sous l’eau se termine souvent en noyade. La durée d’exposition compte aussi : les plongeurs suivent un « compteur » d’oxygène pour les plongées longues ou répétées. Ne descendez jamais sous la PMU inscrite sur votre bloc.
Bonnes pratiques
- Analysez vous-même la teneur en oxygène de chaque bloc avant de plonger.
- Étiquetez le bloc avec le mélange, la PMU et votre nom.
- Réglez votre ordinateur sur le mélange réel et la PpO₂ choisie.
- Le nitrox réduit la charge en azote mais ne supprime pas le risque d’accident de décompression : remontez lentement et respectez les paliers de sécurité.
- Le nitrox n’est pas fait pour aller plus profond : c’est un outil pour des plongées plus longues à profondeur modérée.
Plonger au nitrox demande une qualification, par exemple Plongeur Nitrox de la FFESSM ou un brevet équivalent, que le club ou la station de gonflage vous demandera. Ce calculateur aide à comprendre les chiffres et à vérifier un plan ; il ne remplace ni la formation ni l’ordinateur de plongée.