Partager sa voiture pour aller au travail ou pour un long trajet réduit la dépense de chacun, désengorge les routes et ouvre parfois l’accès aux voies réservées au covoiturage, comme sur certaines autoroutes autour de Lyon ou de Grenoble. La façon juste de partager est de diviser ce que le trajet coûte réellement au conducteur : carburant, péages et stationnement, plus une part de l’usure du véhicule.
Le calcul
Carburant par aller-retour = 2 × distance aller × consommation (L/100 km) ÷ 100
Coût d’un aller-retour = carburant × prix au litre + 2 × distance × usure par km + péages et stationnement
Part par personne = coût de l’aller-retour ÷ nombre de personnes dans la voiture
Le calculateur compte le conducteur parmi les personnes qui partagent, si bien que chacun paie la même part. Si le conducteur ne veut rien payer pour lui-même, il suffit de diviser entre les passagers en réduisant le nombre de personnes.
Ce que dit la loi
En France, le covoiturage est défini par le Code des transports comme l’utilisation commune d’un véhicule par un conducteur et des passagers, à titre non onéreux, excepté le partage des frais. Le conducteur ne doit donc pas faire de bénéfice : s’il demande plus que les frais réels, l’activité devient du transport de personnes et sort de la couverture de son assurance. Le barème kilométrique fiscal, qui inclut l’assurance et la dépréciation, sert souvent de plafond de référence.
Quelle usure par kilomètre ?
Le carburant n’est qu’une partie du coût d’un kilomètre. Les pneus, la vidange, les réparations et la décote ajoutent 5 à 15 centimes par kilomètre pour une voiture courante. Beaucoup de covoitureurs retiennent le carburant plus 3 à 6 centimes par kilomètre.
Exemple
Trois collègues partagent un trajet de 25 km aller dans une voiture qui consomme 6,5 L/100 km, avec un carburant à 1,80 € le litre, 4 € de péage par jour et 5 centimes par km d’usure. Un aller-retour consomme 3,25 litres et coûte 12,35 €, soit 4,12 € chacun. Sur 20 jours travaillés, chacun paie environ 82 € par mois au lieu de 247 € seul, soit 165 € d’économie. Le groupe évite aussi près de 300 kg de CO2 par mois.
Les aides
- Le forfait mobilités durables permet à l’employeur de verser, sans charges ni impôt dans la limite d’un plafond annuel, une aide aux salariés qui covoiturent, comme conducteur ou passager.
- De nombreuses régions et intercommunalités financent les trajets passagers sur les plateformes de covoiturage domicile-travail.
- Des primes d’État ont aussi été versées aux nouveaux conducteurs covoitureurs ; vérifiez les dispositifs en vigueur.
Limites
Le CO2 évité suppose que chaque passager aurait sinon pris une voiture de même consommation, avec 2,28 kg de CO2 par litre d’essence brûlé. Les économies réelles dépendent du détour pour aller chercher les passagers, que vous pouvez ajouter à la distance.