Âge réel et âge corrigé
Un bébé né prématurément a deux âges. L’âge réel, ou chronologique, se compte depuis la naissance. L’âge corrigé se compte depuis la date où il aurait dû naître, à terme. On le calcule en retirant à l’âge réel le nombre de semaines de prématurité. C’est l’âge corrigé qui permet de juger équitablement la croissance et le développement d’un enfant né trop tôt.
La formule
- Semaines d’avance = 40 SA − âge gestationnel à la naissance.
- Âge corrigé = âge réel − semaines d’avance.
- Date du terme théorique = date de naissance + semaines d’avance.
Les pédiatres utilisent ici une référence de 40 SA, la même dans tous les pays, même si le terme français officiel de la grossesse est fixé à 41 SA.
Exemple chiffré
Votre bébé est né le 6 juillet 2026 à 32 SA. Le 3 novembre 2026 :
- Il est né 40 − 32 = 8 semaines en avance.
- Âge réel : 120 jours, soit 17 semaines et 1 jour, environ 3,9 mois.
- Âge corrigé : 17 semaines et 1 jour − 8 semaines = 9 semaines et 1 jour, environ 2,1 mois.
- Il aurait dû naître le 31 août 2026.
Les degrés de prématurité
| Naissance | Catégorie |
|---|---|
| avant 28 SA | très grande prématurité |
| de 28 à 31 SA et 6 jours | grande prématurité |
| de 32 à 36 SA et 6 jours | prématurité moyenne ou tardive |
| à partir de 37 SA | naissance à terme |
En France, environ 7 % des bébés naissent avant 37 SA.
Quand utiliser l’âge corrigé
- Pour placer le poids, la taille et le périmètre crânien sur les courbes du carnet de santé.
- Pour évaluer les acquisitions : sourire, tenir sa tête, s’asseoir, marcher.
- Souvent pour choisir le moment de la diversification alimentaire.
Les vaccins, eux, suivent l’âge réel : un bébé prématuré est vacciné aux mêmes âges qu’un bébé né à terme, sauf avis contraire du pédiatre.
Jusqu’à quand
On utilise en général l’âge corrigé jusqu’à 2 ans. La plupart des enfants nés prématurés ont alors rattrapé leur retard. Les grands prématurés bénéficient souvent d’un suivi spécialisé plus long, par exemple dans un réseau de suivi des nouveau-nés vulnérables ou un CAMSP.
Un avis médical reste indispensable
Ce calculateur donne des estimations fondées sur des moyennes. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme, qui datent la grossesse et la suivent avec les consultations et les échographies.