Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Pourquoi la phénytoïnémie totale peut tromper
La phénytoïne (Di-Hydan, ou fosphénytoïne Prodilantin par voie injectable) est un antiépileptique à marge thérapeutique étroite. Dans le sang, environ 90 % du médicament est lié à l’albumine et 10 % seulement est libre. Seule la forme libre passe dans le cerveau, prévient les crises et provoque les effets indésirables. Le laboratoire mesure en général la concentration totale, en supposant ce partage 90/10 normal.
Quand l’albumine est basse, par exemple en cas de dénutrition, de maladie du foie, de brûlures, de grossesse ou de réanimation, une plus grande part du médicament est libre. Un taux total de 8 mg/L peut alors correspondre à autant de forme libre qu’un taux de 13 chez un patient à albumine normale. L’insuffisance rénale sévère réduit aussi la liaison.
L’équation de Sheiner-Tozer
Avec l’albumine en g/L :
Taux corrigé = taux mesuré ÷ (0,02 × albumine + 0,1)
Si la clairance de la créatinine est inférieure à 10 mL/min ou en dialyse :
Taux corrigé = taux mesuré ÷ (0,01 × albumine + 0,1)
Avec une albumine normale de 45 g/L, le diviseur vaut 1 et le taux n’est pas modifié.
Exemple
Une phénytoïnémie totale de 8 mg/L avec une albumine à 25 g/L :
- Diviseur = 0,02 × 25 + 0,1 = 0,6
- Taux corrigé = 8 ÷ 0,6 = 13,3 mg/L (environ 53 µmol/L)
La valeur brute paraît basse, mais la valeur corrigée est dans la zone habituelle de 10 à 20 mg/L. Augmenter la dose sur la seule base du taux total exposerait à un surdosage.
Lire le résultat
| Taux corrigé (mg/L) | Signification habituelle |
|---|---|
| Moins de 10 | Sous la zone habituelle, parfois suffisant |
| 10 à 20 | Zone thérapeutique habituelle |
| 20 à 30 | Nystagmus et troubles de l’équilibre fréquents |
| Plus de 30 | Zone toxique ; somnolence et confusion au-delà de 40 |
Limites
L’équation a été établie en 1978 sur peu de patients. Des études ultérieures, notamment en réanimation et chez le sujet âgé, ont montré qu’elle peut être assez imprécise. D’autres médicaments, comme le valproate, déplacent aussi la phénytoïne de l’albumine. Le dosage direct de la phénytoïne libre reste le test le plus fiable ; sa zone habituelle est de 1 à 2 mg/L.