L’équation de Drake
En 1961, l’astronome Frank Drake écrit une équation pour structurer la première réunion consacrée à la recherche d’intelligence extraterrestre (SETI). Elle estime N, le nombre de civilisations de notre galaxie dont nous pourrions détecter les signaux :
N = R × fp × ne × fl × fi × fc × L*
- R* : le taux moyen de formation d’étoiles dans la Voie lactée (étoiles par an) ;
- fp : la part des étoiles qui ont des planètes ;
- ne : le nombre de planètes potentiellement habitables par système ;
- fl : la part de celles où la vie apparaît ;
- fi : la part de celles où l’intelligence se développe ;
- fc : la part de celles qui développent une technologie détectable ;
- L : la durée pendant laquelle ces civilisations émettent des signaux détectables, en années.
Ce que l’on sait, et ce que l’on ignore
Les premiers termes sont aujourd’hui mesurés : la Voie lactée forme environ 1,5 à 3 étoiles par an, et les relevés d’exoplanètes comme Kepler montrent que la plupart des étoiles ont des planètes, avec peut-être 10 à 50 % des étoiles de type solaire possédant une planète rocheuse dans leur zone habitable. Les quatre derniers termes sont des conjectures : nous ne connaissons qu’un seul exemple de vie, d’intelligence et de technologie. Les estimations raisonnables de N vont de bien moins de 1 à plusieurs millions.
Exemple
Avec R* = 1,5, fp = 100 %, ne = 0,4, fl = fi = fc = 10 % et L = 10 000 ans :
- N = 1,5 × 1 × 0,4 × 0,1 × 0,1 × 0,1 × 10 000 = 6 civilisations ;
- réparties dans un disque galactique de 100 000 années-lumière de diamètre et 1 000 d’épaisseur, elles seraient séparées d’environ 11 000 années-lumière ;
- une conversation radio avec la plus proche prendrait environ 22 000 ans par aller-retour.
Le rôle de L
Le résultat est proportionnel à L. Si les civilisations technologiques ne durent que quelques siècles, N est sans doute inférieur à 1 ; si elles durent des millions d’années, la galaxie pourrait être très peuplée. C’est pour beaucoup le terme le plus important, et le plus inquiétant.
Le paradoxe de Fermi
Si N était grand, pourquoi n’avons-nous vu aucun signe de quiconque ? C’est le paradoxe de Fermi. Les réponses proposées : une étape rare quelque part dans la chaîne (un « grand filtre »), des civilisations éphémères, la difficulté du voyage interstellaire, ou le fait que nous n’avons exploré qu’une infime partie du ciel et du spectre radio.
Comment utiliser le calculateur
Essayez des valeurs optimistes et pessimistes pour chaque terme. L’étendue des résultats, souvent de nombreux ordres de grandeur, est la vraie leçon de l’équation de Drake.