Ce calculateur fournit des estimations à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique : pour votre situation personnelle, consultez un conseiller en gestion de patrimoine, votre banque ou un expert-comptable.
Faire le tri parmi les actions décotées
Les investisseurs « value » achètent des sociétés qui paraissent bon marché par rapport à leurs capitaux propres. Beaucoup le sont pour une bonne raison : elles vont mal. En 2000, Joseph Piotroski, professeur de comptabilité alors à l’université de Chicago et aujourd’hui à Stanford, a proposé une méthode simple pour séparer les saines des fragiles : neuf tests oui/non sur les derniers comptes annuels, chacun valant un point. Le total, de 0 à 9, est le F-score.
Les neuf tests
Rentabilité (4 points)
- Résultat net positif, donc rentabilité des actifs (ROA) supérieure à zéro.
- Flux de trésorerie d’exploitation positif.
- ROA en hausse par rapport à l’exercice précédent.
- Flux de trésorerie d’exploitation supérieur au résultat net, signe que les bénéfices ne sont pas gonflés par des écritures comptables.
Endettement, liquidité et financement (3 points)
- Dette à long terme rapportée au total du bilan en baisse.
- Ratio de liquidité générale (actif courant ÷ passif courant) en hausse.
- Aucune émission d’actions nouvelles dans l’année.
Efficacité opérationnelle (2 points)
- Marge brute en hausse.
- Rotation des actifs (chiffre d’affaires ÷ total du bilan) en hausse.
Exemple
Une société est bénéficiaire, dégage une trésorerie d’exploitation positive, en hausse et supérieure à son résultat, a réduit son endettement, n’a pas émis d’actions et a amélioré sa marge brute, mais sa liquidité et sa rotation des actifs ont reculé. Elle réussit 7 tests sur 9 : 4 en rentabilité, 2 en endettement et liquidité, 1 en efficacité.
Lecture du score
- 8 ou 9 : solide. Bénéfices en progression, appuyés par la trésorerie, et bilan qui s’améliore.
- 3 à 7 : moyen. Regardez quels tests échouent et pourquoi.
- 0 à 2 : fragile. Bénéfices en baisse, trésorerie faible ou dette croissante.
Dans l’étude originale sur les actions américaines à faible ratio cours/valeur comptable, de 1976 à 1996, acheter les meilleurs scores et vendre à découvert les plus faibles rapportait environ 23 % par an. Les travaux ultérieurs ont trouvé un effet plus modeste, concentré sur les petites capitalisations, mais le score reste un filtre très utilisé.
Limites
Le score repose sur de simples variations d’une année sur l’autre : un exercice exceptionnel peut faire basculer plusieurs tests. Il ignore la valorisation, d’où son usage sur une liste d’actions déjà sélectionnées comme bon marché. Il est peu pertinent pour les banques et les assureurs, dont le bilan fonctionne autrement, et pour les jeunes sociétés pas encore rentables.
Où trouver les données
Les neuf éléments viennent des deux derniers rapports annuels : compte de résultat, bilan et tableau des flux de trésorerie. Pour les sociétés cotées à Paris, ils figurent dans le document d’enregistrement universel, publié sur leur site et sur celui de l’AMF. Les groupes cotés publient en normes IFRS ; veillez à comparer des exercices établis selon les mêmes normes.