Ce que mesure le PER
Le PER, ou price earnings ratio, compare le cours d’une action au bénéfice qu’elle représente. Il répond à une question simple : combien d’euros les investisseurs paient-ils pour un euro de bénéfice annuel ? Un PER de 16 signifie que le marché paie 16 € pour 1 € de bénéfice, ou encore qu’il faudrait 16 ans de bénéfices constants pour « rembourser » le prix. C’est l’indicateur de valorisation le plus cité, car il permet de comparer des entreprises de tailles très différentes.
À ne pas confondre avec le PER, plan d’épargne retraite, qui partage le même sigle.
Les formules
- PER = cours ÷ bénéfice par action (BPA) des 12 derniers mois
- PER prévisionnel = cours ÷ BPA attendu sur les 12 prochains mois
- PEG = PER ÷ croissance annuelle attendue du BPA, en %
- Rendement bénéficiaire = BPA ÷ cours, l’inverse du PER
Exemple chiffré
Une action cote 80 € pour un BPA de 5 € sur l’année écoulée, et les analystes attendent une croissance des bénéfices de 8 % par an.
- PER = 80 ÷ 5 = 16,0.
- BPA de l’an prochain = 5 × 1,08 = 5,40 €, d’où un PER prévisionnel de 80 ÷ 5,40 = 14,8.
- PEG = 16 ÷ 8 = 2,00.
- Rendement bénéficiaire = 5 ÷ 80 = 6,25 %.
Interpréter le PER
| PER | Lecture habituelle |
|---|---|
| Négatif ou non significatif | L’entreprise est en perte |
| Moins de 10 | Action bon marché, ou baisse des bénéfices anticipée |
| 10 à 25 | Dans les moyennes de long terme |
| Plus de 25 | Le marché anticipe une forte croissance |
Les actions européennes, et le CAC 40 en particulier, s’échangent en général avec un PER plus bas que les actions américaines, autour de 12 à 16 fois les bénéfices, en partie parce que les secteurs bancaire, industriel et énergétique y pèsent plus lourd que la technologie. Comparez toujours une entreprise à son propre historique et à ses concurrents : un groupe de luxe et une banque ne se valorisent pas de la même façon.
Le PEG
Le PEG, popularisé par le gérant américain Peter Lynch, met le PER en regard de la croissance. Sous 1, l’action paraît bon marché au regard de sa croissance ; autour de 1, elle est valorisée correctement ; au-delà de 2, elle est chère. Sa faiblesse : il repose sur une prévision de croissance, qui peut se révéler fausse.
Les pièges
- Les éléments exceptionnels : une dépréciation ou une cession peut fausser le BPA d’une année. Regardez le résultat courant.
- Les valeurs cycliques : automobile, acier ou matières premières paraissent les moins chères au sommet du cycle, quand les bénéfices culminent.
- Les taux d’intérêt : quand les taux montent, les PER baissent, c’est pourquoi on compare le rendement bénéficiaire au taux de l’OAT à 10 ans.
Ce calculateur fournit des estimations à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique : pour votre situation personnelle, consultez un conseiller en gestion de patrimoine, votre banque ou un expert-comptable.