Des panneaux solaires sur votre toit, est-ce rentable ?
Une installation photovoltaïque coûte plusieurs milliers d’euros au départ et se rembourse ensuite par les économies sur la facture d’électricité. Depuis le 5 juin 2026, l’équation a changé : pour les installations de 9 kWc ou moins, le surplus injecté sur le réseau n’est plus racheté que 0,011 € par kWh et la prime à l’autoconsommation a disparu. La rentabilité repose désormais presque entièrement sur l’électricité que vous consommez vous-même. Ce calculateur l’estime selon votre région, votre taux d’autoconsommation et le prix de l’installation.
Les formules
- Production annuelle (kWh) = puissance en kWc × productible de la région.
- Économies = production × part autoconsommée × prix de l’électricité achetée.
- Revente = production non consommée × prix de rachat.
- Temps de retour = coût de l’installation ÷ (économies + revente).
- Gain sur 25 ans : prix de l’électricité en hausse de 2,5 % par an, perte de rendement des panneaux de 0,5 % par an, rachat du surplus sur 20 ans.
Le productible correspond à la production annuelle d’un kWc installé, pertes comprises, pour une toiture orientée au sud et inclinée à 30°. L’outil européen PVGIS donne la valeur exacte pour votre adresse, votre orientation et votre inclinaison.
Exemple chiffré : 3 kWc dans le centre de la France
Avec un productible de 1 150 kWh par kWc, 50 % d’autoconsommation, l’électricité à 0,1952 € le kWh et une installation à 2,50 € par Wc :
- Production : 3 × 1 150 = 3 450 kWh par an.
- Économies : 1 725 kWh × 0,1952 = 337 €.
- Revente du surplus : 1 725 kWh × 0,011 = 18,97 €.
- Coût : 3 000 Wc × 2,50 = 7 500 €.
- Temps de retour : 7 500 ÷ 356 = 21,1 ans, pour un gain net d’environ 3 630 € sur 25 ans.
Tout se joue sur l’autoconsommation
| Part autoconsommée | Gain annuel | Temps de retour | Gain net sur 25 ans |
|---|---|---|---|
| 30 % | 229 € | 32,8 ans | −532 € |
| 50 % | 356 € | 21,1 ans | 3 630 € |
| 70 % | 483 € | 15,5 ans | 7 792 € |
| 90 % | 610 € | 12,3 ans | 11 955 € |
Un kWh consommé sur place vaut près de 18 fois plus qu’un kWh revendu. Une installation un peu plus petite, bien utilisée, est donc souvent plus rentable qu’une grande installation dont la moitié de la production part sur le réseau.
Comment consommer davantage sa propre production
- Décalez les usages en journée : chauffe-eau, lave-linge, lave-vaisselle et sèche-linge programmés entre 11 h et 16 h.
- Pilotez le chauffe-eau avec un routeur solaire, qui envoie le surplus dans le ballon plutôt que sur le réseau.
- Rechargez une voiture électrique en milieu de journée quand c’est possible.
- Dimensionnez selon votre consommation de jour, pas selon la surface de toit disponible.
- Une batterie augmente l’autoconsommation, mais son coût allonge souvent le temps de retour.
Les autres paramètres
- Le coût. Les devis pour 3 kWc posés se situent souvent entre 6 000 et 9 000 € TTC. La TVA est à 5,5 % pour les installations de 9 kWc ou moins qui respectent les conditions prévues. Demandez au moins trois devis à des installateurs certifiés RGE et comparez-les au prix par Wc.
- Le prix de l’électricité. Plus il est élevé, plus chaque kWh autoconsommé rapporte. Le calcul part du tarif bleu option base ; avec une option heures pleines et heures creuses, utilisez le prix des heures pleines, puisque le soleil produit en journée.
- L’orientation et l’ombre. Une toiture orientée est ou ouest perd environ 10 à 20 % de production, et une ombre portée sur une partie des panneaux peut réduire fortement la production de l’ensemble.
Un calcul à refaire avec vos chiffres
Ce simulateur donne un ordre de grandeur. Votre courbe de consommation, vos horaires de présence et l’évolution future du prix de l’électricité feront la différence. Si votre temps de retour dépasse 20 ans, réduisez la puissance envisagée ou travaillez d’abord l’autoconsommation.