Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Ce que mesure le TTKG
Le gradient transtubulaire de potassium (TTKG) estime la sécrétion de potassium par le tube collecteur cortical du rein, l’étape contrôlée par l’aldostérone. Il compare la concentration de potassium dans l’urine et dans le plasma, en corrigeant de la réabsorption d’eau qui a lieu plus loin dans le tubule :
TTKG = (K urinaire ÷ K plasmatique) ÷ (osmolalité urinaire ÷ osmolalité plasmatique)
Il a été proposé à la fin des années 1980 par l’équipe de Mitchell Halperin à Toronto pour orienter le diagnostic des hypo et des hyperkaliémies.
Conditions de validité
- L’osmolalité urinaire doit être supérieure à l’osmolalité plasmatique
- La natriurèse doit être d’au moins 25 mmol/L, pour que l’apport de sodium ne limite pas la sécrétion de potassium
Si l’une manque, le calculateur signale un résultat non interprétable.
Interprétation
| Situation | TTKG | Orientation |
|---|---|---|
| Hypokaliémie | moins de 3 | Le rein retient le potassium : perte digestive, apport faible, transfert cellulaire |
| Hypokaliémie | plus de 7 | Perte rénale : diurétiques, hyperaldostéronisme ou autre excès de minéralocorticoïdes, tubulopathie |
| Hyperkaliémie | moins de 7 | Excrétion insuffisante : hypoaldostéronisme, résistance à l’aldostérone, médicaments qui la bloquent |
| Hyperkaliémie | 7 ou plus | Réponse rénale adaptée : chercher un apport excessif ou une libération cellulaire |
Avec une alimentation habituelle, le TTKG se situe souvent autour de 8 à 9.
Exemple
Une kaliémie de 3,0 mmol/L, une kaliurèse de 45 mmol/L, une osmolalité urinaire de 580 et plasmatique de 290 mOsm/kg donnent un TTKG de (45 ÷ 3) ÷ (580 ÷ 290) = 7,5, en faveur d’une perte rénale.
Limites
En 2011, les auteurs du TTKG ont eux-mêmes appelé à la prudence : l’urée est réabsorbée dans le tube collecteur médullaire, ce qui invalide une des hypothèses de la formule. Beaucoup de néphrologues préfèrent aujourd’hui le rapport potassium sur créatinine urinaire sur échantillon, ou la kaliurèse des 24 heures. Le TTKG reste un indice parmi d’autres, à confronter à la pression artérielle, à l’équilibre acido-basique, à la magnésémie et aux traitements en cours.