Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Si une personne a pu prendre trop de paracétamol, appelez le 15 ou un centre antipoison sans attendre les symptômes.
Pourquoi la concentration et l’heure comptent
Le paracétamol est sûr aux doses habituelles, mais en cas de surdosage une partie est transformée en un métabolite toxique, la NAPQI, que le foie neutralise normalement grâce au glutathion. Quand le glutathion s’épuise, les cellules du foie meurent. L’antidote, la N-acétylcystéine (NAC), restaure le glutathion et protège presque complètement s’il est donné dans les 8 heures. Une paracétamolémie isolée est difficile à interpréter : la même valeur peut être sans danger 20 heures après la prise et dangereuse à 4 heures. En 1975, Barry Rumack et Henry Matthew ont mis la concentration en regard du délai pour créer le nomogramme toujours utilisé.
La ligne de traitement
- À la 4e heure, la ligne de traitement est à 150 mg/L, soit environ 1 000 µmol/L.
- Elle diminue de moitié toutes les 4 heures : 75 à 8 heures, 37,5 à 12 heures, environ 9,4 à 20 heures et 4,7 à 24 heures.
- Formule : ligne = 150 × 2^(−(t − 4) ÷ 4), valable de 4 à 24 heures.
La ligne d’origine de toxicité probable partait de 200 mg/L ; la ligne à 150 ajoute une marge de sécurité. Le Royaume-Uni utilise depuis 2012 une ligne unique à 100 mg/L. En France, une ligne plus basse est parfois retenue pour les patients à risque (dénutrition, alcoolisme chronique, inducteurs enzymatiques).
Exemple
Un patient a pris environ 10 g de paracétamol à une heure connue. La paracétamolémie prélevée 8 heures après est de 80 mg/L :
- Ligne de traitement à 8 heures : 75 mg/L
- Paracétamolémie : 80 ÷ 75 = 107 % de la ligne, au-dessus : la N-acétylcystéine est indiquée
- Dose : 10 000 mg ÷ 70 kg = 143 mg/kg, proche du seuil de 150 mg/kg
Quand le nomogramme ne s’applique pas
- Dosage avant 4 heures : à répéter à la 4e heure ou plus tard.
- Heure de prise inconnue, ou plus de 24 heures écoulées.
- Prises répétées ou étalées, par exemple trop de comprimés pendant un ou deux jours contre la douleur.
- Certaines formes à libération prolongée et les très fortes doses peuvent nécessiter un second dosage.
Dans ces situations, le médecin décide selon la dose, le bilan hépatique (transaminases ALAT et ASAT) et l’avis du centre antipoison. En cas de doute, la N-acétylcystéine est commencée.
Éviter les surdosages accidentels
De nombreux médicaments contre le rhume, la grippe ou la douleur contiennent aussi du paracétamol. Depuis 2019, les boîtes portent un message d’alerte sur le risque pour le foie. Ne dépassez pas 3 g par jour chez l’adulte sans avis médical (4 g au maximum), espacez les prises d’au moins 4 heures et demandez conseil au pharmacien en cas de consommation régulière d’alcool, de maladie du foie ou de petit poids.