Comparer des choses qui ne durent pas autant
Un artisan doit-il acheter une mini-pelle moins chère qui dure 8 ans, ou une meilleure qui dure 12 ans ? Un particulier doit-il choisir la chaudière la moins chère à l’achat ou celle qui consomme moins et dure plus longtemps ? Comparer les coûts totaux est trompeur, car l’option la plus durable paraîtra toujours plus chère. Comparer les prix d’achat oublie les coûts d’usage. Le coût annuel équivalent (CAE) résout les deux problèmes en ramenant chaque option à un coût constant par an.
La méthode
- Calculez la valeur actuelle de tous les coûts : prix d’achat, plus chaque coût annuel actualisé à aujourd’hui, moins la valeur de revente actualisée depuis la fin de vie.
- Divisez par le facteur d’annuité de la durée de vie : (1 − (1 + r)⁻ⁿ) ÷ r.
Le résultat est l’annuité constante qui vous coûterait exactement autant, en euros d’aujourd’hui, que posséder l’équipement. Comme c’est un montant annuel, il se compare directement entre options de durées différentes, en supposant que chacune serait remplacée par un équipement semblable en fin de vie.
Exemple
Deux machines, avec un taux d’actualisation de 6 % :
| Option A | Option B | |
|---|---|---|
| Prix d’achat | 30 000 € | 45 000 € |
| Coût annuel d’utilisation | 2 000 € | 1 200 € |
| Durée de vie | 8 ans | 12 ans |
| Valeur de revente | 3 000 € | 5 000 € |
| Valeur actuelle de tous les coûts | 40 537 € | 52 576 € |
| Coût annuel équivalent | 6 528 € | 6 271 € |
L’option B coûte 12 000 € de plus en valeur actuelle mais sert 4 ans de plus, et revient 257 € moins cher par an.
Choisir le taux d’actualisation
Le taux d’actualisation représente le coût de l’argent pour vous. Un ménage peut prendre le taux de son crédit, ou le rendement auquel il renonce sur son épargne, par exemple celui d’un livret ou d’une assurance vie. Une entreprise utilise en général son coût moyen pondéré du capital. Un taux élevé pénalise les options chères à l’achat : testez plusieurs taux pour voir si la conclusion change.
Ce que la méthode ignore
- L’inflation des coûts d’usage. Utilisez un taux réel, hors inflation, avec les prix d’aujourd’hui, ou un taux nominal avec des coûts indexés, sans mélanger les deux.
- La fiscalité : pour une entreprise, l’amortissement déductible et les éventuels dispositifs de suramortissement peuvent modifier le résultat.
- Le risque et la souplesse : un équipement à durée courte permet de passer plus tôt à une technologie plus récente.
- L’entretien croissant avec l’âge : si les coûts annuels augmentent, il peut être optimal de remplacer plus tôt.
Ce calculateur fournit des estimations à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique : pour votre situation personnelle, consultez un conseiller en gestion de patrimoine, votre banque ou un expert-comptable.