Ce que mesure l’EBITDA
L’EBITDA (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization) approche le résultat que dégage l’activité courante, avant les choix de financement, l’impôt et les dotations aux amortissements. C’est l’indicateur de référence des banques et des investisseurs pour comparer et valoriser des entreprises.
Les formules
- EBIT (résultat d’exploitation) = résultat net + charges financières + impôt sur les sociétés
- EBITDA = EBIT + dotations aux amortissements
- Marge d’EBITDA = EBITDA ÷ chiffre d’affaires
- Levier = dette nette ÷ EBITDA
- Multiple = valeur d’entreprise ÷ EBITDA
Cette reconstitution « par le bas » simplifie : en toute rigueur, il faut aussi retirer le résultat exceptionnel et la participation des salariés.
Exemple chiffré
| Poste | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 2 000 000 € |
| Résultat net | 150 000 € |
| Charges financières | 30 000 € |
| Impôt sur les sociétés | 50 000 € |
| Dotations aux amortissements | 70 000 € |
| Dette nette | 600 000 € |
- EBIT : 150 000 + 30 000 + 50 000 = 230 000 €, soit 11,5 % du chiffre d’affaires.
- EBITDA : 230 000 + 70 000 = 300 000 €, soit une marge de 15 %.
- Levier : 600 000 ÷ 300 000 = 2,0.
EBITDA et EBE
L’excédent brut d’exploitation (EBE) est l’indicateur français des soldes intermédiaires de gestion. Il se calcule par le haut : valeur ajoutée + subventions d’exploitation − impôts et taxes − charges de personnel. Il exclut les reprises et dotations aux provisions et les autres produits et charges de gestion, que l’EBITDA peut intégrer selon les définitions. Dans la plupart des PME, les deux chiffres restent proches ; la liasse fiscale et la plaquette de l’expert-comptable donnent l’EBE directement.
Repères
| Secteur | Marge d’EBITDA courante |
|---|---|
| Logiciel | 25 à 40 % |
| Industrie | 10 à 20 % |
| Commerce | 5 à 10 % |
| Restauration | 5 à 15 % |
Les banques considèrent en général un levier de 2 ou moins comme confortable, et de 3 à 4 comme élevé. Les PME non cotées se cèdent souvent entre 4 et 7 fois l’EBITDA, selon la taille, la croissance et le secteur.
Les limites
L’EBITDA ignore les investissements, la variation du BFR, les intérêts et l’impôt, qui sont pourtant de vraies sorties de trésorerie. Une entreprise très capitalistique peut afficher un bel EBITDA et consommer de la trésorerie : regardez aussi le flux de trésorerie disponible. Méfiez-vous enfin des EBITDA « retraités » qui excluent beaucoup de charges jugées exceptionnelles.
Ce calculateur fournit des estimations à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique : pour votre situation personnelle, consultez un conseiller en gestion de patrimoine, votre banque ou un expert-comptable.