Le résultat est une opinion, la trésorerie est un fait
Le résultat net dépend de choix comptables : rythme des amortissements, date de reconnaissance du chiffre d’affaires, coûts immobilisés ou non. Le flux de trésorerie disponible, ou free cash flow (FCF), va au-delà en mesurant la trésorerie réellement restante une fois payés les charges d’exploitation, l’impôt et les investissements nécessaires à l’activité. C’est l’argent disponible pour rembourser la dette, verser des dividendes, racheter des actions ou financer des acquisitions.
Deux façons de le calculer
À partir du tableau des flux de trésorerie (FCF après financement) :
FCF = flux de trésorerie lié à l’activité − investissements corporels et incorporels
Les deux montants figurent dans le tableau des flux du rapport annuel ou du document d’enregistrement universel des sociétés cotées. Les intérêts sont déjà payés : c’est la trésorerie disponible pour les actionnaires.
À partir du résultat d’exploitation (FCF disponible pour tous les financeurs) :
FCF = EBIT × (1 − taux d’IS) + dotations aux amortissements − investissements − hausse du BFR
Cette version ignore la façon dont l’entreprise est financée. C’est le flux actualisé dans les valorisations DCF pour estimer la valeur de l’entreprise entière.
Exemple
Une entreprise affiche 5 millions d’euros de flux de trésorerie d’exploitation et 1,5 million d’investissements, pour 30 millions de chiffre d’affaires et 3 millions de résultat net. Sa capitalisation boursière est de 60 millions.
- Free cash flow : 3 500 000 €.
- Marge de FCF : 3,5 ÷ 30 = 11,7 % du chiffre d’affaires.
- Conversion : 3,5 ÷ 3 = 116,7 % du résultat net.
- Rendement FCF : 3,5 ÷ 60 = 5,83 %.
- Capitalisation ÷ FCF : 17,1.
Avec la méthode de l’EBIT, un résultat d’exploitation de 4 millions imposé à 25 %, taux normal de l’impôt sur les sociétés en France, plus 1,2 million d’amortissements, moins 1,5 million d’investissements et 300 000 € de hausse du BFR, donne 2,4 millions.
Lire les ratios
- La marge de FCF indique la part de chaque euro de ventes qui devient trésorerie libre. Comparez-la au sein d’un même secteur.
- Une conversion supérieure à 100 % est fréquente chez les entreprises matures dont les amortissements dépassent les investissements. Durablement sous 70 à 80 %, elle mérite un examen des créances clients, des stocks et des coûts immobilisés.
- Le rendement FCF est l’équivalent d’un rendement bénéficiaire calculé sur la trésorerie. Un rendement élevé peut signaler une bonne affaire, ou un marché qui anticipe une baisse des flux.
- Un FCF négatif est normal pour une entreprise en forte croissance qui investit massivement, mais il doit être financé par de la dette ou des fonds propres.
Pièges
Une seule année de free cash flow peut être faussée par un gros investissement, un changement de délais de paiement ou un impôt exceptionnel. Regardez plusieurs exercices, et vérifiez le poids des paiements en actions, réintégrés dans le flux d’exploitation.
Ce calculateur fournit des estimations à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique : pour votre situation personnelle, consultez un conseiller en gestion de patrimoine, votre banque ou un expert-comptable.