Prix des actions ou prix de l’entreprise
La capitalisation boursière, cours × nombre d’actions, ne dit que ce que valent les capitaux propres. Deux sociétés de même capitalisation peuvent être très différentes : l’une n’a pas de dette et beaucoup de trésorerie, l’autre est lourdement endettée. La valeur d’entreprise (VE, en anglais enterprise value) mesure la valeur de l’activité elle-même, quel que soit son mode de financement.
La formule
VE = capitalisation + dettes financières + actions de préférence + intérêts minoritaires − trésorerie et équivalents
- La dette s’ajoute, car l’acquéreur de toute la société devrait la rembourser ou la reprendre.
- Les actions de préférence et les intérêts minoritaires sont d’autres droits sur l’activité.
- La trésorerie se retranche, car l’acquéreur la récupère avec la société.
La dette nette est la dette moins la trésorerie. Quand la trésorerie dépasse la dette, la dette nette est négative et la VE est inférieure à la capitalisation.
Exemple chiffré
Une société cotée à 50 € compte 20 millions d’actions. Elle a 300 millions d’euros de dettes financières et 100 millions de trésorerie. Sur les 12 derniers mois, elle a dégagé 150 millions d’EBITDA et 100 millions d’EBIT pour 800 millions de chiffre d’affaires.
- Capitalisation : 50 × 20 millions = 1,0 milliard d’euros.
- Valeur d’entreprise : 1 000 + 300 − 100 = 1,2 milliard d’euros.
- VE/EBITDA : 1 200 ÷ 150 = 8,0×.
- VE/EBIT : 1 200 ÷ 100 = 12,0×.
- VE/CA : 1 200 ÷ 800 = 1,50×.
- Dette nette : 200 millions d’euros, soit 1,33× l’EBITDA.
Lire les multiples
- VE/EBITDA est le multiple le plus utilisé dans les fusions-acquisitions. L’EBITDA est proche de l’excédent brut d’exploitation (EBE) des comptes français. Il ignore les amortissements, ce qui facilite les comparaisons, mais masque les besoins d’investissement.
- VE/EBIT (proche du résultat d’exploitation) tient compte des amortissements, mieux adapté aux activités à forte intensité capitalistique.
- VE/CA sert pour les jeunes sociétés pas encore rentables.
- Dette nette/EBITDA mesure l’endettement. C’est un ratio courant dans les contrats de crédit (covenants) ; les banques s’inquiètent souvent au-delà de 3 à 4×, selon le secteur.
Un multiple bas peut signaler une bonne affaire comme une activité en déclin ; un multiple élevé, une forte croissance ou un excès d’optimisme. Comparez des sociétés du même secteur, au même moment du cycle.
Points pratiques
Prenez la dette et la trésorerie du dernier bilan publié, et des agrégats cohérents (12 derniers mois ou prévisions). Avec la norme IFRS 16, appliquée dans les comptes consolidés des sociétés cotées européennes, les loyers sortent de l’EBITDA : ajoutez alors les dettes locatives à la dette. La trésorerie bloquée ou nécessaire au fonctionnement courant ne devrait pas être déduite en totalité. L’EBITDA n’est pas un agrégat normé : vérifiez comment chaque société le calcule.
Ce calculateur fournit des estimations à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique : pour votre situation personnelle, consultez un conseiller en gestion de patrimoine, votre banque ou un expert-comptable.