Combien de CO₂ un arbre absorbe-t-il ?
En grandissant, les arbres captent le dioxyde de carbone de l’air et stockent le carbone dans le bois, les racines et le sol. La quantité varie énormément selon l’essence, l’âge, le climat et le sol. Deux repères courants :
- Environ 22 kg de CO₂ par an pour un arbre adulte moyen ; on lit souvent 20 à 25 kg.
- Environ 60 kg de CO₂ pendant les 10 premières années pour un jeune arbre planté en ville, selon l’agence américaine de l’environnement.
À l’échelle d’une forêt, on retient ici environ 2 tonnes de CO₂ par hectare et par an. La forêt française a longtemps absorbé davantage, mais son puits de carbone a fortement diminué ces dernières années à cause des sécheresses, des maladies, des incendies et de la hausse des récoltes.
Exemple
Vous voulez compenser 9,2 tonnes de CO₂e par an, l’empreinte moyenne d’un Français.
- Arbres adultes : 9 200 ÷ 22 = 419 arbres absorbant pendant un an.
- Jeunes arbres : 9 200 ÷ 60 = 154 arbres, mais il leur faut 10 ans pour absorber cette quantité.
- Surface de forêt : 9,2 ÷ 2,08 = 4,4 hectares pendant un an.
- Par rapport au budget de 2 tonnes par an, ces émissions représentent 4,6 fois l’objectif.
Et ce n’est qu’une année d’émissions : l’année suivante, il faut recommencer.
Pourquoi planter ne suffit pas
- Le temps : un jeune arbre absorbe très peu les premières années. Le carbone émis aujourd’hui n’est capté qu’en plusieurs décennies.
- La survie : beaucoup d’arbres plantés meurent de sécheresse ou de maladie. Un incendie relâche en quelques jours le carbone stocké.
- La surface : il n’y a pas assez de terres disponibles pour absorber les émissions mondiales par de nouvelles forêts.
- La permanence : le carbone ne reste stocké que si la forêt et le sol sont préservés.
Faire compter les arbres
- Protégez d’abord les forêts existantes, qui stockent bien plus de carbone que les jeunes plantations.
- Plantez des essences adaptées au climat futur, avec un suivi les premières années.
- En ville, les arbres apportent aussi de l’ombre et de la fraîcheur pendant les canicules.
- Vérifiez les projets de compensation : le Label bas-carbone, créé par l’État, encadre des projets forestiers et agricoles en France avec des méthodes contrôlées.
L’ADEME le rappelle : la priorité reste de réduire ses émissions, notamment dans les transports, le logement et l’alimentation. La plantation d’arbres est un complément, pas un substitut.