Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Cancer et thrombose
Les personnes atteintes de cancer ont un risque plusieurs fois plus élevé que les autres de faire une maladie thromboembolique veineuse (MTEV) : thrombose veineuse profonde, ou phlébite, le plus souvent dans une jambe, ou embolie pulmonaire, quand un caillot migre vers les poumons. La chimiothérapie augmente encore ce risque. Les anticoagulants préviennent les caillots mais exposent aux saignements : tout l’enjeu est de repérer les patients qui en bénéficieront le plus. En 2008, Alok Khorana et ses collègues ont publié un score simple pour les patients ambulatoires qui commencent une chimiothérapie, à partir de plus de 4 000 patients.
Les cinq items
| Item | Points |
|---|---|
| Localisation à très haut risque : estomac, pancréas | 2 |
| Localisation à haut risque : poumon, lymphome, gynécologique, vessie, testicule | 1 |
| Plaquettes ≥ 350 G/L avant chimiothérapie | 1 |
| Hémoglobine < 10 g/dL, ou traitement par érythropoïétine (EPO) | 1 |
| Leucocytes > 11 G/L avant chimiothérapie | 1 |
| Indice de masse corporelle ≥ 35 kg/m² | 1 |
Le total va de 0 à 6.
Risque selon le score
| Score | Groupe | MTEV sur environ 2,5 mois (étude princeps) |
|---|---|---|
| 0 | Faible | 0,3 à 0,8 % |
| 1 à 2 | Intermédiaire | 1,8 à 2 % |
| 3 ou plus | Élevé | 6,7 à 7,1 % |
Exemple
Un patient atteint d’un cancer du poumon (1 point) a 410 G/L de plaquettes avant la première cure (1 point). Hémoglobine, leucocytes et IMC sont normaux. Le score de Khorana vaut 2 : risque intermédiaire selon les catégories d’origine, mais au seuil à partir duquel les recommandations proposent de discuter une prévention.
Ce que disent les recommandations
Les recommandations internationales, notamment celles de l’ASCO (Société américaine d’oncologie clinique) et de l’ITAC (International Initiative on Thrombosis and Cancer), proposent de discuter une anticoagulation préventive par apixaban, rivaroxaban ou héparine de bas poids moléculaire chez les patients ambulatoires ayant un score de 2 ou plus avant la chimiothérapie, en l’absence de risque hémorragique important ou d’interaction médicamenteuse. Deux essais publiés en 2019, AVERT et CASSINI, ont montré que l’apixaban ou le rivaroxaban préventifs réduisaient les thromboses chez ces patients, au prix de quelques saignements supplémentaires. En France, la décision se prend avec l’oncologue, souvent en lien avec un médecin vasculaire.
Limites
- Le score est moins performant dans certains cancers, comme le cancer du poumon, et ne classe pas à part les tumeurs cérébrales ou le myélome, qui ont pourtant un risque élevé.
- Il ignore d’autres facteurs : antécédent de thrombose, chirurgie récente, chambre implantable (PAC) ou certains médicaments.
- Des scores plus récents ajoutent des marqueurs comme les D-dimères, mais restent moins utilisés.
Signes d’alerte
Consultez en cas de douleur, de gonflement ou de chaleur d’une jambe ou d’un bras, et appelez le 15 en cas d’essoufflement brutal, de douleur thoracique ou de crachats de sang, qui peuvent signaler une embolie pulmonaire.