Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Traiter une embolie pulmonaire à domicile
L’embolie pulmonaire, un caillot qui obstrue une artère pulmonaire, imposait autrefois une hospitalisation d’une semaine ou plus. Depuis l’arrivée des anticoagulants oraux d’action immédiate, beaucoup de patients stables peuvent rentrer chez eux en moins de 24 heures. Les critères Hestia, établis aux Pays-Bas et publiés par Zondag et ses collègues en 2011, sont une liste pragmatique pour les repérer.
Les 11 critères
Le patient doit rester hospitalisé si au moins une réponse est positive :
- Instabilité hémodynamique (systolique inférieure à 100 mmHg avec pouls supérieur à 100, ou besoin de réanimation)
- Thrombolyse ou embolectomie nécessaire
- Saignement actif ou risque hémorragique élevé
- Oxygène nécessaire plus de 24 heures pour maintenir une saturation supérieure à 90 %
- Embolie survenue sous traitement anticoagulant
- Douleur intense nécessitant des antalgiques intraveineux plus de 24 heures
- Raison médicale ou sociale de rester plus de 24 heures (infection, cancer, isolement)
- Clairance de la créatinine inférieure à 30 mL/min
- Insuffisance hépatique sévère
- Grossesse
- Antécédent de thrombopénie induite par l’héparine
Les preuves
Dans l’étude Hestia, 297 patients sans aucun critère ont été traités à domicile. À 3 mois, on comptait 2,0 % de récidives thromboemboliques, 0,7 % d’hémorragies graves et 1,0 % de décès, aucun lié à l’embolie. L’essai randomisé HOME-PE, publié en 2021 et mené en grande partie en France, a montré que la stratégie Hestia était aussi sûre que le score sPESI, avec une proportion comparable de patients traités à domicile.
Exemple
Une femme de 48 ans fait une embolie pulmonaire après un long voyage en avion. Sa tension est à 124/78 mmHg, son pouls à 92, sa saturation à 96 % en air ambiant, et sa douleur est calmée par le paracétamol. Ses bilans rénal et hépatique sont normaux, elle n’est pas enceinte, n’a pas de risque hémorragique et vit en couple. Les 11 réponses sont négatives : elle peut débuter un anticoagulant oral et rentrer chez elle, avec un rendez-vous de suivi.
Avant le retour à domicile
- Débuter l’anticoagulant immédiatement, en général apixaban ou rivaroxaban.
- Connaître les signes d’alerte : essoufflement qui s’aggrave, douleur thoracique, malaise, crachats de sang ou tout saignement.
- Prévoir une consultation dans les jours suivants et décider de la durée du traitement, au moins 3 mois en général.
Hestia et sPESI
Le sPESI (indice de sévérité simplifié de l’embolie pulmonaire) cote l’âge, le cancer, l’insuffisance cardiaque ou respiratoire, le pouls, la tension et la saturation ; un score de 0 annonce une faible mortalité. Hestia couvre davantage de raisons pratiques de rester hospitalisé. La Société européenne de cardiologie accepte les deux, et une troponine élevée ou une dilatation du ventricule droit plaident pour une courte hospitalisation.