Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Beaucoup de patients de réanimation ne peuvent pas dire qu’ils ont mal : ils sont intubés, sédatés ou confus. L’échelle CPOT (Critical-Care Pain Observation Tool) a été mise au point par Céline Gélinas et ses collègues à Montréal et publiée en 2006. Avec l’échelle BPS (Behavioral Pain Scale), c’est l’un des deux outils recommandés pour l’adulte non communicant, et elle existe en version française validée au Québec.
Les quatre items
Chaque item est coté de 0 à 2.
Expression du visage
- 0 : détendu, neutre
- 1 : tendu, sourcils froncés, paupières serrées
- 2 : grimace, paupières fermées serrées ; le patient peut mordre la sonde
Mouvements du corps
- 0 : absence de mouvement ou position normale
- 1 : protection, mouvements lents et prudents, touche la zone douloureuse
- 2 : agitation, tire sur les tubulures, tente de s’asseoir, n’obéit pas aux ordres
Tension musculaire, évaluée par la flexion et l’extension passives des bras
- 0 : détendu
- 1 : tendu, rigide
- 2 : très tendu ou rigide
Adaptation au respirateur chez le patient intubé, ou vocalisations sinon
- 0 : tolère le respirateur, ou parle normalement ou ne fait aucun bruit
- 1 : tousse mais tolère, ou soupire et gémit
- 2 : lutte contre le respirateur, ou crie et sanglote
Le total va de 0 à 8.
Lecture du score
Un score supérieur à 2 évoque une douleur. Il doit conduire à un traitement, par exemple repositionnement, analgésie ou adaptation des soins, puis à une nouvelle évaluation après l’intervention.
Comment évaluer
Observez le patient environ une minute au repos, puis pendant un soin comme un retournement, une aspiration ou un pansement, et cotez la réponse la plus marquée. Évaluer avant, pendant et après les soins douloureux montre si l’analgésie suffit.
Exemple
Un patient ventilé qui fronce les sourcils (1), touche son pansement (1), résiste aux mouvements passifs (1) et tolère le respirateur (0) obtient 3 : douleur probable.
Limites
Une sédation profonde et les curares suppriment les comportements : un score bas ne prouve pas l’absence de douleur. Le délire et l’agitation d’autre origine peuvent élever le score. La CPOT mesure des comportements de douleur, pas son intensité ; dès que le patient peut communiquer, même par un signe de tête, son autoévaluation prime.