Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
La formule
La pression de perfusion cérébrale (PPC) est le gradient de pression qui fait circuler le sang dans le cerveau :
PPC = PAM − PIC
où PAM est la pression artérielle moyenne et PIC la pression intracrânienne. Si vous ne disposez que de la systolique et de la diastolique, le calculateur estime la PAM par diastolique + (systolique − diastolique) ÷ 3. Pour mesurer la PPC, le capteur artériel est en général mis à zéro au niveau du tragus de l’oreille, proche de la base du crâne, plutôt qu’au niveau du cœur.
Pourquoi c’est important
Un cerveau sain garde un débit sanguin stable sur une large plage de pressions grâce à l’autorégulation. Après un traumatisme crânien grave, un AVC ou une hémorragie cérébrale, l’œdème fait monter la PIC et l’autorégulation peut être altérée. Le débit suit alors la PPC : trop basse, elle expose à l’ischémie ; trop haute, elle peut aggraver l’œdème ou le saignement.
Objectifs dans le traumatisme crânien grave
| Paramètre | Objectif habituel chez l’adulte |
|---|---|
| PPC | 60 à 70 mmHg |
| PIC | traiter au-delà d’environ 20 à 22 mmHg |
| PIC normale en décubitus | environ 5 à 15 mmHg |
Les recommandations internationales de la Brain Trauma Foundation (2016) et les recommandations françaises de la SFAR vont dans le même sens. Elles déconseillent de pousser la PPC au-delà de 70 mmHg par remplissage et vasopresseurs, en raison du risque de syndrome de détresse respiratoire aiguë. De plus en plus d’équipes adaptent la cible à l’autorégulation de chaque patient. Chez l’enfant, les seuils sont plus bas, avec un minimum d’environ 40 mmHg et des objectifs selon l’âge.
Exemple
Une pression artérielle de 120/70 mmHg donne une PAM d’environ 87 mmHg. Avec une PIC de 15 mmHg, la PPC est d’environ 72 mmHg. Si la PIC monte à 30 mmHg avec la même pression artérielle, la PPC tombe à 57 mmHg, sous l’objectif.
En pratique
- La PIC se mesure par un capteur intraparenchymateux ou un cathéter de dérivation ventriculaire externe.
- Tête surélevée à environ 30°, sédation, ventilation contrôlée, osmothérapie et drainage du liquide cérébrospinal font partie des mesures pour faire baisser la PIC.
- L’évolution dans le temps et l’ensemble du tableau, pupilles et imagerie compris, comptent plus qu’une valeur isolée.