Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Deux grandes familles de douleur
La plupart des douleurs sont dites nociceptives : elles viennent d’une lésion des tissus, comme une entorse, une arthrose ou une plaie, et le système nerveux fonctionne normalement pour les signaler. La douleur neuropathique est différente : elle naît d’une lésion des nerfs eux-mêmes. Elle se ressent autrement, souvent comme une brûlure, une décharge électrique ou des fourmillements, et répond à d’autres traitements. La reconnaître tôt évite des mois d’antalgiques inefficaces.
Le questionnaire DN4
Le DN4, pour « douleur neuropathique en 4 questions », a été mis au point en France par Didier Bouhassira et ses collègues et publié en 2005. Il compte 10 items regroupés en 4 questions :
Interrogatoire
- La douleur présente-t-elle une ou plusieurs de ces caractéristiques ? Brûlure ; sensation de froid douloureux ; décharges électriques.
- La douleur est-elle associée, dans la même région, à un ou plusieurs de ces symptômes ? Fourmillements ; picotements ; engourdissement ; démangeaisons.
Examen
- La douleur est-elle localisée dans un territoire où l’examen met en évidence une hypoesthésie au tact, ou une hypoesthésie à la piqûre ?
- La douleur est-elle provoquée ou augmentée par le frottement ?
Chaque réponse oui vaut 1 point.
Interprétation
Un total de 4 ou plus sur 10 oriente vers une douleur neuropathique. Dans l’étude initiale, menée chez 160 patients, ce seuil reconnaissait 82,9 % des douleurs neuropathiques et écartait 89,9 % des autres. La version limitée à l’interrogatoire, le DN4-interview, utilise un seuil de 3 sur 7.
Exemple
Une personne diabétique décrit des brûlures des pieds avec fourmillements et engourdissement. À l’examen, le tact est moins bien perçu dans la zone douloureuse. Cela fait 4 points : douleur neuropathique probable, compatible avec une polyneuropathie diabétique.
Et ensuite ?
Le médecin confirme le diagnostic et recherche la cause : diabète, zona, compression d’une racine nerveuse, lésion après chirurgie, chimiothérapie, carence en vitamine B12, alcool ou maladie neurologique. Les recommandations de la SFETD de 2020 proposent notamment :
- des antidépresseurs comme la duloxétine ou l’amitriptyline ;
- des antiépileptiques comme la gabapentine ou la prégabaline ;
- des traitements locaux, emplâtres de lidocaïne ou patchs de capsaïcine à haute concentration ;
- la neurostimulation électrique transcutanée, la rééducation et les approches psychocorporelles.
Une consultation dans une structure douleur chronique peut être utile si la douleur persiste.
Limites
Le DN4 est un outil de dépistage. Certaines douleurs sont mixtes, à la fois neuropathiques et nociceptives, comme une lombalgie avec sciatique. Un score inférieur à 4 n’exclut pas une douleur neuropathique si l’histoire et l’examen l’évoquent.