Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Pourquoi classer une atteinte hépatique ?
Quand le bilan hépatique est perturbé, le profil des anomalies oriente vers la cause. La souffrance des cellules du foie (cytolyse, ou atteinte hépatocellulaire) libère les transaminases, dont les ALAT, tandis qu’un obstacle à l’écoulement de la bile (cholestase) fait monter les phosphatases alcalines (PAL). Les hépatites virales, l’ischémie et de nombreux médicaments, dont le surdosage en paracétamol, donnent une cytolyse ; les calculs biliaires, les tumeurs et certains médicaments comme l’amoxicilline-acide clavulanique donnent souvent une cholestase ou une atteinte mixte.
La formule
Le rapport R compare les deux enzymes, chacune rapportée à sa limite supérieure de la normale (LSN), pour que les résultats de laboratoires différents restent comparables :
R = (ALAT ÷ LSN des ALAT) ÷ (PAL ÷ LSN des PAL)
| R | Type d’atteinte |
|---|---|
| 5 ou plus | cytolytique (hépatocellulaire) |
| entre 2 et 5 | mixte |
| 2 ou moins | cholestatique |
Ces seuils viennent d’une conférence de consensus internationale publiée en 1990 et sont repris par la méthode RUCAM d’imputabilité des hépatites médicamenteuses, ainsi que par les centres de pharmacovigilance.
Le nouveau rapport R
Certaines atteintes augmentent beaucoup plus les ASAT que les ALAT. Le « nouveau R » retient la plus élevée des deux transaminases par rapport à la normale. Saisissez les ASAT pour l’afficher ; sans ASAT, il est égal au R classique.
Exemple
Avec des ALAT à 250 UI/L (LSN 40) et des PAL à 140 UI/L (LSN 120), les ALAT valent 6,25 fois la normale et les PAL 1,17 fois. R = 6,25 ÷ 1,17 = 5,36 : atteinte cytolytique.
La loi de Hy
Hyman Zimmerman avait observé qu’une hépatite médicamenteuse cytolytique accompagnée d’un ictère était mortelle dans environ 10 % des cas. Les autorités de santé repèrent donc tout cas associant des ALAT supérieures à 3 fois la normale et une bilirubine totale supérieure à 2 fois la normale, sans forte hausse des PAL et sans autre explication. Le calculateur affiche alors une alerte. Toute suspicion d’effet indésirable médicamenteux peut être déclarée sur le portail signalement-sante.gouv.fr.
En pratique
- Utilisez le premier bilan anormal : le profil peut évoluer.
- Reprenez les normales indiquées sur votre compte rendu, qui varient d’un laboratoire à l’autre.
- Le profil est un indice, pas un diagnostic : échographie, sérologies virales et historique des médicaments complètent l’enquête.