Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Moins de radiographies inutiles
Les traumatismes du genou, par torsion, chute ou au sport, sont un motif fréquent de consultation aux urgences, mais moins d’un sur dix s’accompagne d’une fracture. Au début des années 1990, Ian Stiell et ses collègues d’Ottawa, déjà auteurs des règles de la cheville d’Ottawa, ont mis au point une règle pour savoir quels adultes victimes d’un traumatisme aigu du genou ont besoin d’une radiographie. Publiée en 1995 et validée en 1996, la règle du genou d’Ottawa réduit sans risque le nombre de radiographies.
Les cinq critères
Une radiographie du genou est indiquée si au moins un de ces critères est présent :
- Âge de 55 ans ou plus.
- Douleur à la palpation de la tête du péroné (fibula), la saillie osseuse sur le côté externe, juste sous l’articulation.
- Douleur isolée de la rotule (patella), sans autre douleur osseuse du genou.
- Impossibilité de fléchir le genou à 90°.
- Impossibilité de faire quatre pas en appui, à la fois juste après le traumatisme et aux urgences. Boiter compte comme un appui.
Si aucun n’est présent, une fracture est très peu probable et la radiographie n’est en général pas nécessaire.
Exemple
Une joueuse de football de 34 ans se tord le genou. Elle marche en boitant, fléchit le genou au-delà de 90°, et la palpation de la rotule et de la tête du péroné n’est pas douloureuse. Aucun critère n’est rempli : la règle indique qu’une radiographie n’est pas nécessaire. Le médecin examinera tout de même les ligaments et les ménisques, que la radiographie ne montre pas.
Quelle fiabilité ?
Les études, dont une méta-analyse portant sur plus de 4 000 patients, ont trouvé une sensibilité d’environ 99 % pour les fractures, avec une spécificité proche de 49 %. Son utilisation a réduit d’environ un quart les radiographies du genou sans fracture manquée, en épargnant du temps, de l’irradiation et des coûts. Des études chez l’enfant à partir d’environ 5 ans suggèrent qu’elle reste valable.
Quand la règle ne s’applique pas
Elle a été conçue pour les traumatismes de moins de 7 jours. Elle ne s’applique pas :
- aux plaies isolées de la peau ;
- aux patients adressés avec des radiographies déjà faites ;
- aux patients dont la conscience est altérée, intoxiqués, paraplégiques ou polytraumatisés ;
- aux patients revus pour le même traumatisme.
Après une règle négative
La plupart des traumatismes du genou sans fracture sont des entorses, des lésions ligamentaires ou méniscales. Repos relatif, glace, compression et surélévation aident les premiers jours, avec un appui selon la douleur. Consultez de nouveau si le genou se bloque, se dérobe, gonfle beaucoup en quelques heures, ou si vous ne marchez toujours pas normalement après une semaine. Une IRM peut alors être demandée pour évaluer les ligaments croisés ou les ménisques.