Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Pourquoi une règle pour le scanner chez l’enfant ?
Le traumatisme crânien est un motif très fréquent de passage aux urgences pédiatriques. Le scanner détecte vite un saignement, mais il expose un cerveau en développement à des rayonnements qui augmentent légèrement le risque de cancer au cours de la vie. Les règles PECARN, du réseau américain Pediatric Emergency Care Applied Research Network, ont été établies et validées par Kuppermann et ses collègues dans The Lancet en 2009, sur plus de 42 000 enfants. Elles identifient les enfants à risque très faible qui peuvent éviter le scanner. Les recommandations de la Société française de médecine d’urgence sur le traumatisme crânien léger de l’enfant s’appuient sur ces règles.
À qui elles s’appliquent
Aux enfants de moins de 18 ans avec un score de Glasgow de 14 ou 15, vus dans les 24 heures suivant le traumatisme. Il existe deux règles : avant 2 ans et à partir de 2 ans.
Les critères
| Moins de 2 ans | 2 ans et plus |
|---|---|
| Glasgow à 14 ou altération de la conscience | Glasgow à 14 ou altération de la conscience |
| Fracture du crâne palpable | Signes de fracture de la base du crâne |
| Hématome du cuir chevelu occipital, pariétal ou temporal | Perte de connaissance, quelle qu’elle soit |
| Perte de connaissance de 5 secondes ou plus | Vomissements |
| Comportement inhabituel selon les parents | Céphalées intenses |
| Mécanisme violent | Mécanisme violent |
Les critères en gras définissent le groupe à risque élevé : le scanner est recommandé, avec environ 4 % de lésions cérébrales cliniquement importantes. Tout autre critère définit le risque intermédiaire, environ 1 % : surveillance hospitalière ou scanner selon le nombre de signes, leur aggravation, un âge inférieur à 3 mois et le choix des parents. Sans aucun critère, le risque est très faible : moins de 0,02 % avant 2 ans et moins de 0,05 % après. Le scanner n’est pas recommandé.
Ce que « cliniquement importante » signifie
L’étude comptait le décès, l’intervention neurochirurgicale, l’intubation de plus de 24 heures ou l’hospitalisation d’au moins 2 nuits pour une lésion visible au scanner. Les petites anomalies sans conséquence n’étaient pas comptées.
Exemple
Un enfant de 5 ans tombe de vélo avec un casque, pleure tout de suite, vomit une fois et joue normalement ensuite. Le vomissement est un critère intermédiaire : une surveillance de quelques heures aux urgences est un choix fréquent.
Limites
Les règles ne s’appliquent pas aux enfants avec trouble de la coagulation, valve de dérivation, tumeur cérébrale connue, suspicion de maltraitance ou plaie pénétrante. Un enfant qui s’aggrave à domicile, avec vomissements répétés, somnolence inhabituelle ou céphalées croissantes, doit être réexaminé : appelez le 15.