Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Les anticoagulants préviennent la plupart des AVC liés à la fibrillation atriale, mais ils exposent aussi au saignement. Le médecin pèse les deux risques avant et pendant le traitement. Le score ATRIA, publié par Fang et son équipe en 2011 à partir de l’étude californienne Anticoagulation and Risk Factors in Atrial Fibrillation (environ 9 000 patients sous warfarine), estime le risque annuel d’hémorragie grave.
Le score
| Facteur de risque | Points |
|---|---|
| Anémie (hémoglobine < 13 g/dL chez l’homme, < 12 g/dL chez la femme) | 3 |
| Insuffisance rénale sévère (DFG < 30 mL/min ou dialyse) | 3 |
| Âge de 75 ans ou plus | 2 |
| Antécédent d’hémorragie | 1 |
| Hypertension artérielle connue | 1 |
Le total va de 0 à 10.
Exemple
Une personne de 78 ans avec une hypertension traitée, sans anémie, avec une fonction rénale normale et sans antécédent de saignement obtient 2 + 1 = 3 : risque faible.
Interprétation
| ATRIA | Groupe | Hémorragies graves par an |
|---|---|---|
| 0 à 3 | faible | environ 0,8 % |
| 4 | intermédiaire | environ 2,6 % |
| 5 à 10 | élevé | environ 5,8 % |
Une hémorragie grave correspondait à un saignement mortel, nécessitant la transfusion d’au moins deux culots ou touchant un organe critique comme le cerveau.
ATRIA, HAS-BLED et HEMORR₂HAGES
Les trois scores partagent la plupart de leurs facteurs. Le HAS-BLED est celui que recommandent la Société européenne de cardiologie et la HAS, notamment parce qu’il met en avant les facteurs corrigibles : tension non contrôlée, INR instable, alcool, aspirine ou anti-inflammatoires. ATRIA donne plus de poids à l’anémie et à l’insuffisance rénale.
Comment utiliser le résultat
Un score hémorragique élevé est rarement, à lui seul, une raison d’arrêter l’anticoagulant, car le risque d’AVC l’emporte en général. C’est une raison pour :
- traiter ce qui peut l’être (tension, anémie, alcool, médicaments qui interagissent) ;
- préférer, quand c’est possible, un anticoagulant oral direct (AOD) aux antivitamines K, car il provoque moins d’hémorragies cérébrales ;
- rapprocher le suivi.
N’arrêtez jamais un anticoagulant sans en parler à votre médecin.