Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Les produits de contraste et le rein
Les produits de contraste iodés, utilisés pour la coronarographie, le scanner et d’autres examens, peuvent altérer la fonction rénale chez certains patients. La néphropathie induite par les produits de contraste, ou insuffisance rénale aiguë post-contraste, se définit en général par une hausse de la créatinine de 25 % ou de 44 µmol/L dans les 48 à 72 heures. Elle est le plus souvent modérée et transitoire, mais associée à des séjours plus longs, à la dialyse et à une mortalité plus élevée.
Le score de Mehran
Roxana Mehran et ses collègues l’ont publié en 2004, à partir de plus de 8 000 patients traités par angioplastie coronaire :
| Facteur de risque | Points |
|---|---|
| hypotension (systolique inférieure à 80 mmHg pendant au moins 1 heure, nécessitant des inotropes ou un ballon) | 5 |
| ballon de contre-pulsion intra-aortique | 5 |
| insuffisance cardiaque (classe NYHA III ou IV, ou antécédent d’œdème pulmonaire) | 5 |
| âge supérieur à 75 ans | 4 |
| anémie (hématocrite inférieur à 39 % chez l’homme, 36 % chez la femme) | 3 |
| diabète | 3 |
| volume de contraste | 1 par tranche de 100 mL |
| DFG de 40 à 60 / de 20 à 40 / inférieur à 20 mL/min/1,73 m² | 2 / 4 / 6 |
Groupes de risque
| Score | Néphropathie au contraste | Dialyse |
|---|---|---|
| 5 ou moins | 7,5 % | 0,04 % |
| 6 à 10 | 14,0 % | 0,12 % |
| 11 à 15 | 26,1 % | 1,09 % |
| 16 ou plus | 57,3 % | 12,6 % |
Exemple
Un patient de 72 ans, diabétique, avec un DFG de 52 et recevant 200 mL de contraste, obtient 3 + 2 + 2 = 7 : risque modéré, environ 14 % de néphropathie et 0,12 % de dialyse.
Prévention
Les recommandations de la Société européenne de radiologie urogénitale (ESUR), reprises en France par la Société française de radiologie, conseillent :
- de connaître la fonction rénale avant l’examen chez les patients à risque ;
- d’hydrater par du sérum physiologique les patients dont le DFG est bas, en particulier en dessous de 30 mL/min/1,73 m² pour une injection intraveineuse, ou de 45 pour une injection intra-artérielle ;
- d’utiliser le plus petit volume possible d’un contraste de basse ou iso-osmolarité ;
- de suspendre si possible les médicaments néphrotoxiques, comme les anti-inflammatoires ;
- de contrôler la créatinine 48 à 72 heures après chez les patients à risque.
Limites
Le score a été établi avec des produits et des doses d’une autre époque, et pour des gestes coronaires. Des études récentes suggèrent que le risque après une injection intraveineuse pour un scanner est plus faible qu’on ne le pensait. Le score sert à adapter la prévention, pas à renoncer à un examen nécessaire.