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NRS-2002 : ce patient hospitalisé est-il à risque de dénutrition ?

Cotez l'état nutritionnel, la sévérité de la maladie et l'âge avec le score NRS-2002 pour savoir si un patient hospitalisé a besoin d'une prise en charge nutritionnelle.

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Résultats

Score NRS-2002

3 / 7

3 ou plus : risque nutritionnel ; mettre en place une prise en charge nutritionnelle
Indice de masse corporelle
22,5 kg/m²
20,5 ou plus

Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.

Pourquoi dépister la dénutrition à l’hôpital ?

Entre 20 et 50 % des patients hospitalisés sont dénutris ou à risque de l’être, et le problème passe souvent inaperçu. La dénutrition ralentit la cicatrisation, affaiblit l’immunité et les muscles, et augmente les complications, la durée de séjour et la mortalité. Le NRS-2002 (Nutritional Risk Screening 2002), conçu par Jens Kondrup et ses collègues pour la Société européenne de nutrition clinique (ESPEN), est un outil rapide pour repérer les patients qui bénéficieront d’une prise en charge nutritionnelle.

Étape 1 : pré-dépistage

Quatre questions :

  1. L’IMC est-il inférieur à 20,5 ?
  2. Le patient a-t-il perdu du poids au cours des 3 derniers mois ?
  3. Ses apports alimentaires ont-ils diminué la semaine précédente ?
  4. Le patient est-il gravement malade, par exemple en réanimation ?

Si les quatre réponses sont négatives, le dépistage est refait chaque semaine. Si une réponse est positive, on passe au score complet.

Étape 2 : score complet

Points Altération de l’état nutritionnel Sévérité de la maladie
0 absente besoins normaux
1 perte de poids > 5 % en 3 mois, ou apports à 50-75 % des besoins fracture du col du fémur, maladie chronique compliquée, hémodialyse, diabète, cancer
2 perte de poids > 5 % en 2 mois, IMC de 18,5 à 20,5 avec altération de l’état général, ou apports à 25-60 % chirurgie abdominale majeure, AVC, pneumonie sévère, hémopathie maligne
3 perte de poids > 5 % en 1 mois, IMC < 18,5 avec altération de l’état général, ou apports à 0-25 % traumatisme crânien, greffe de moelle, réanimation

On ajoute un point si le patient a 70 ans ou plus. Le maximum est de 7.

Interprétation

Un total de 3 ou plus signe un risque nutritionnel : une prise en charge nutritionnelle doit être mise en place. En dessous de 3, le dépistage est répété chaque semaine, ou avant une chirurgie lourde.

Exemple

Une patiente de 72 ans atteinte de BPCO est hospitalisée pour une exacerbation. Elle pèse 65 kg pour 1,70 m (IMC 22,5) et ne mange que les deux tiers de ses repas depuis une semaine. Son état nutritionnel vaut 1, sa maladie (maladie chronique compliquée) 1, et son âge ajoute 1. Le total de 3 la place à risque nutritionnel, malgré un IMC normal.

Dépistage et diagnostic

Le NRS-2002 repère un risque, il ne pose pas de diagnostic. En France, la HAS a publié en 2019 (adultes de moins de 70 ans) et en 2021 (70 ans et plus) des critères de diagnostic de la dénutrition : au moins un critère phénotypique (perte de poids d’au moins 5 % en 1 mois ou 10 % en 6 mois, IMC bas, réduction de la masse musculaire) et au moins un critère étiologique (baisse des apports ou de l’absorption, situation d’agression). La sévérité se juge ensuite sur l’IMC, la perte de poids et l’albuminémie.

La prise en charge

Le diététicien estime les besoins, souvent 25 à 30 kcal et 1,2 à 1,5 g de protéines par kilo et par jour en cas de maladie, et commence par l’enrichissement des repas et les compléments nutritionnels oraux. La nutrition entérale ou parentérale est réservée aux situations où l’alimentation orale ne suffit pas.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le NRS-2002 ?

Le Nutritional Risk Screening 2002, mis au point par Jens Kondrup et ses collègues et recommandé par la Société européenne de nutrition clinique (ESPEN) pour les patients hospitalisés. Il associe l'altération de l'état nutritionnel, la sévérité de la maladie et l'âge.

Comment calcule-t-on le NRS-2002 ?

L'état nutritionnel est coté de 0 à 3, la sévérité de la maladie de 0 à 3, et un point est ajouté à partir de 70 ans. Un total de 3 ou plus signe un risque nutritionnel et impose une prise en charge nutritionnelle.

Quel est le lien avec le diagnostic de dénutrition de la HAS ?

Le NRS-2002 repère un risque ; il ne pose pas le diagnostic. En France, la dénutrition se diagnostique selon les critères de la HAS : au moins un critère phénotypique (perte de poids, IMC bas, réduction de la masse musculaire) et un critère étiologique (baisse des apports, maladie inflammatoire).

Que se passe-t-il si le patient est à risque ?

Un diététicien évalue le patient et met en place un plan : alimentation enrichie, compléments nutritionnels oraux, et si besoin nutrition entérale ou parentérale. Une prise en charge précoce réduit les complications et la durée d'hospitalisation.

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