Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Tous les patients de réanimation ne tirent pas le même bénéfice d’un support nutritionnel intensif. Le score NUTRIC (Nutrition Risk in the Critically Ill), mis au point par Daren Heyland et ses collègues en 2011, repère ceux qui ont le plus à y gagner. L’interleukine 6 étant rarement dosée, Rahman et ses collègues ont validé en 2016 un score NUTRIC modifié (mNUTRIC) qui s’en passe.
Les points
| Variable | Valeurs et points |
|---|---|
| Âge | moins de 50 ans : 0 ; 50 à 74 ans : 1 ; 75 ans ou plus : 2 |
| APACHE II | moins de 15 : 0 ; 15 à 19 : 1 ; 20 à 27 : 2 ; 28 ou plus : 3 |
| SOFA | moins de 6 : 0 ; 6 à 9 : 1 ; 10 ou plus : 2 |
| Comorbidités | 0 à 1 : 0 ; 2 ou plus : 1 |
| Jours entre l’admission à l’hôpital et en réanimation | 0 : 0 ; 1 ou plus : 1 |
Le score modifié va de 0 à 9. L’APACHE II et le SOFA sont ceux du jour de l’admission en réanimation.
Exemple
Un patient de 65 ans (1) admis en réanimation le lendemain de son entrée à l’hôpital (1), avec un APACHE II à 18 (1), un SOFA à 7 (1) et deux comorbidités (1), obtient 5 : risque nutritionnel élevé.
Interprétation
| mNUTRIC | Risque nutritionnel |
|---|---|
| 0 à 4 | faible |
| 5 à 9 | élevé |
Dans les études de validation, les patients à haut risque qui recevaient une plus grande part des calories et des protéines prescrites avaient une mortalité plus faible, alors que la différence était faible chez les patients à bas risque.
Objectifs nutritionnels
Les recommandations de l’ESPEN (2019, mises à jour en 2023), reprises par la SFNCM et la SRLF, conseillent une nutrition entérale précoce chez les patients qui ne peuvent pas manger, avec une montée progressive vers les objectifs sur la première semaine pour éviter la suralimentation. La dépense énergétique se mesure au mieux par calorimétrie indirecte ; à défaut, on estime souvent 20 à 25 kcal par kg et par jour. Les apports protéiques visés sont d’environ 1,3 g par kg et par jour.
Limites
Le score a été établi dans des populations de réanimation mixtes et dépend de la façon de compter les comorbidités. Il estime le bénéfice attendu de la nutrition mais ne mesure pas la dénutrition elle-même, qui se diagnostique selon les critères de la HAS et du GLIM : perte de poids, réduction des apports, IMC, masse musculaire.