L’empreinte de notre assiette
L’alimentation représente environ un quart de l’empreinte carbone d’un Français. Les plus grandes différences viennent de ce que l’on mange, bien plus que de la provenance. Les viandes de ruminants arrivent largement en tête : bovins et ovins demandent beaucoup de surface et d’aliments, et émettent du méthane.
Émissions par kilo d’aliment
Ces moyennes mondiales sont issues d’une vaste étude de Poore et Nemecek (2018), portant sur environ 38 000 exploitations, publiées par Our World in Data :
| Aliment | kg CO₂e par kg |
|---|---|
| Bœuf (troupeau à viande) | 99,5 |
| Agneau et mouton | 39,7 |
| Bœuf (vaches laitières) | 33,3 |
| Crevettes d’élevage | 26,9 |
| Fromage | 23,9 |
| Poisson d’élevage | 13,6 |
| Porc | 12,3 |
| Volaille | 9,9 |
| Œufs | 4,7 |
| Riz | 4,5 |
| Tofu | 3,2 |
| Lait (par litre) | 3,2 |
| Pois | 1,0 |
| Pommes de terre | 0,5 |
En France, la base Agribalyse de l’ADEME fournit des valeurs détaillées pour plus de 2 500 produits, y compris les plats préparés.
Exemple
Vous mangez 500 g de bœuf par semaine et envisagez de le remplacer par du poulet.
- Émissions par semaine : 0,5 × 99,5 = 49,7 kg de CO₂e.
- Émissions par an : 49,7 × 52 = 2 586 kg, soit 2,6 tonnes.
- Avec de la volaille : 0,5 × 9,9 × 52 = 257 kg.
- Économie : 2 330 kg de CO₂e par an, soit 90 % de moins.
- Vos émissions actuelles liées au bœuf équivalent à environ 11 900 km en voiture thermique.
Ce qui compte le plus
- La nature des aliments : remplacer le bœuf par de la volaille, du porc, des légumineuses ou du tofu a le plus d’effet.
- Les portions : diviser par deux les portions de viande rouge divise leur empreinte par deux.
- Le gaspillage : environ un tiers de la nourriture produite est perdue ou jetée.
- Le transport : en général moins de 10 % de l’empreinte, sauf pour les produits frais importés par avion.
- La saison : les légumes cultivés sous serre chauffée hors saison émettent beaucoup plus.
Limites
Les valeurs varient fortement d’une exploitation à l’autre : le bœuf le plus émetteur peut produire dix fois plus que le moins émetteur. Les mentions bio, local ou nourri à l’herbe ne garantissent pas toujours une empreinte plus faible. Utilisez ces chiffres pour comparer des aliments, pas pour calculer une empreinte personnelle exacte.