Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Qui a besoin d’une imagerie du cou après un traumatisme ?
Après un accident de la route, une chute ou un accident de sport, l’équipe des urgences doit décider s’il faut explorer le rachis cervical. Méconnaître une fracture peut entraîner une paralysie, mais tout scanner expose aux rayons, coûte du temps et encombre l’imagerie. L’étude NEXUS (National Emergency X-Radiography Utilization Study), menée chez 34 069 patients dans 21 services d’urgences américains, a publié en 2000 une règle simple, largement utilisée en France.
Les cinq critères de faible risque
L’imagerie n’est pas nécessaire si le patient ne présente aucun des éléments suivants :
- Douleur médiane : douleur à la pression de la ligne médiane postérieure du cou.
- Intoxication : alcool ou drogues, d’après l’interrogatoire ou l’examen.
- Trouble de la vigilance : Glasgow inférieur à 15, désorientation, réponses ralenties ou inadaptées.
- Déficit neurologique focal : faiblesse, engourdissement ou fourmillements d’un membre.
- Lésion douloureuse distrayante : assez intense pour masquer une douleur cervicale, comme une fracture d’un os long, une plaie étendue, une brûlure ou un écrasement.
Si au moins un critère est présent, l’imagerie du rachis cervical est indiquée. Chez l’adulte, le scanner a remplacé les radiographies standard.
Fiabilité
Dans l’étude d’origine, 818 patients avaient une lésion du rachis cervical, dont 578 cliniquement significatives. La règle en a repéré 576 sur 578, soit une sensibilité de 99,6 %, et aurait évité l’imagerie chez 12,6 % des patients. Sa spécificité est faible, autour de 13 %, ce qui est attendu pour une règle conçue pour ne rien manquer.
Exemple
Un cycliste de 34 ans est amené après une chute. Il est parfaitement conscient, n’a pas bu, se plaint d’une raideur du cou mais n’a pas de douleur à la palpation de la ligne médiane, bouge normalement ses quatre membres et n’a que des dermabrasions au bras. Aucun critère n’est présent : pas d’imagerie. S’il avait une fracture douloureuse du poignet, elle compterait comme lésion distrayante et l’imagerie serait indiquée.
NEXUS et la règle canadienne
La règle canadienne du rachis cervical (Canadian C-spine rule), publiée en 2001, ajoute des facteurs de risque élevé (âge de 65 ans ou plus, mécanisme dangereux, paresthésies des membres) et un test de rotation active du cou. Dans une comparaison de 2003, elle s’est montrée plus sensible et plus spécifique que NEXUS, mais ne s’applique qu’à l’adulte conscient et stable. Les deux règles sont bien plus sûres qu’une décision à l’intuition.
Limites
NEXUS ne concerne que les traumatismes fermés, pas les plaies pénétrantes. Chez la personne âgée, dont les fractures surviennent pour des traumatismes minimes, beaucoup de médecins prescrivent l’imagerie plus facilement. Quel que soit le résultat, une douleur persistante ou un nouveau symptôme impose une réévaluation.