Ce calculateur donne des estimations générales, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qui connaît l’ensemble de votre situation.
Pourquoi dépister la dénutrition ?
La dénutrition est fréquente et souvent méconnue, surtout chez les personnes âgées, les personnes atteintes de cancer ou de maladie chronique et les patients hospitalisés. Elle affaiblit les muscles et l’immunité, retarde la cicatrisation, augmente les chutes et les infections et allonge les hospitalisations. La dépister tôt permet d’agir quand des mesures simples, enrichissement de l’alimentation ou compléments nutritionnels oraux, sont encore efficaces.
Les cinq étapes du MUST
Le Malnutrition Universal Screening Tool a été mis au point en 2003 par la BAPEN, la société britannique de nutrition clinique. Il se déroule en cinq étapes :
- IMC : supérieur à 20, 0 point ; de 18,5 à 20, 1 point ; inférieur à 18,5, 2 points.
- Perte de poids : perte involontaire sur 3 à 6 mois inférieure à 5 %, 0 point ; de 5 à 10 %, 1 point ; supérieure à 10 %, 2 points.
- Maladie aiguë : 2 points si la personne est malade et n’a pas eu, ou n’aura probablement pas, d’apport alimentaire pendant plus de 5 jours.
- Risque global : addition des points.
- Conduite à tenir selon le niveau de risque.
Risque et prise en charge
| Score | Risque | Conduite à tenir |
|---|---|---|
| 0 | faible | soins habituels ; nouveau dépistage chaque semaine à l’hôpital, chaque mois en EHPAD |
| 1 | moyen | surveiller : noter les apports pendant 3 jours, agir s’ils sont insuffisants, refaire le dépistage |
| 2 ou plus | élevé | traiter : diététicienne ou équipe de nutrition, enrichissement, compléments, suivi |
Exemple
Une personne de 1,70 m qui pesait 63 kg il y a quatre mois et pèse aujourd’hui 58 kg a un IMC de 20,1 et a perdu 7,9 % de son poids. L’IMC vaut 0 et la perte de poids 1 : score de 1, risque moyen. Ses apports doivent être notés pendant trois jours.
Dépistage et diagnostic en France
Le MUST dépiste ; il ne pose pas le diagnostic. En France, la HAS a publié en 2019 les critères diagnostiques de la dénutrition de l’adulte, puis en 2021 ceux de la personne de 70 ans et plus. Le diagnostic associe au moins un critère phénotypique, comme une perte de poids d’au moins 5 % en 1 mois ou 10 % en 6 mois, un IMC inférieur à 18,5 (ou à 22 après 70 ans) ou une réduction de la masse musculaire, et au moins un critère étiologique, comme une baisse des apports ou une situation d’agression. La sévérité se juge ensuite sur l’IMC, la perte de poids et l’albumine.
En pratique
- Pesez sur une balance fiable, en tenue légère, et notez le poids à chaque consultation.
- La perte de poids involontaire compte davantage que le poids lui-même : une personne obèse peut être dénutrie.
- Les œdèmes et l’ascite peuvent masquer une perte de poids.
- Chez la personne âgée, le MNA-SF reste l’outil de référence en gériatrie.